miércoles, 8 de julio de 2009

LA MÚSIQUE D'AMÉLIE

ANECDOTES

Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain fut originellement appelé « Amélie des Abbesses », mais seuls les Parisiens savaient ce qu’était la place des Abbesses à Montmartre. Jean-Pierre Jeunet se creusa alors la tête pour trouver un titre. Il pensa même à baptiser son film Les Aventuriers de la chair de poule. Le titre est quant à lui inspiré du Destin fabuleux de Désirée Clary de Sacha Guitry (1942).
Les retombées financières d’
Alien IV ont permis à Jean-Pierre Jeunet de réaliser un film libre de toute contrainte commerciale. Paradoxalement, il eut un immense succès.
Dans ce film, Jeunet réintroduit des éléments du court-métrage
Foutaises, notamment les « il aime/il n’aime pas » de la présentation des personnages.
Jean-Pierre Jeunet raconte dans les commentaires DVD que l’idée de l’album photo (des photos d’identités jetées) lui vient de l’auteur français Michel Folco qui avait tenu un tel album. Le droit à la propriété intellectuelle en France a empêché Jeunet d’utiliser ledit album, ce qui l’a contraint à embaucher des figurants (et des personnes du tournage) pour être pris dans ces clichés
Le film utilise des
images de synthèse et des intermédiaires numériques[4].
Jeunet avait à l’origine écrit le rôle d’Amélie pour l’actrice britannique
Emily Watson[5] ; dans le script original, le père d’Amélie est un britannique vivant à Londres. Cependant, le français d’Emily Watson se révéla insuffisant pour le film et à cause d’un emploi du temps incompatible avec le tournage de Gosford Park, Jeunet réécrivit le script pour une actrice française.
Certains pensent que Jeunet s’est inspiré du personnage de Faye dans le film de
Wong Kar-wai, Chungking Express (1994), pour une partie de l’écriture du personnage d’Amélie Poulain : Faye s’introduit dans l’appartement de l’homme qu’elle aime pour en changer des éléments, espérant ainsi lui faire oublier son ex-compagne. On retrouve le thème d’une personne qui s’introduit dans la vie d’une autre pour la rendre heureuse à son insu.
Le film ne fut pas sélectionné au
Festival de Cannes. L’absence d’Amélie Poulain souleva une controverse à cause de l’accueil enthousiaste du public et des médias français en comparaison. À noter que le précédent film de Jeunet, La Cité des enfants perdus[6], reçut un mauvais accueil. Le président d’alors du festival jugea le film « inintéressant »[7], bien qu’il n’eût vu qu’une version incomplète, notamment sans musique d’accompagnement.
Dans la version anglaise, la concierge Madeleine Wallace est renommée Madeleine Wells. (Alors que dans la version française, Wallace fait référence aux
fontaines Wallace de Paris, la version anglaise adapte le jeu de mots en comparant Wells avec water wells (puits à eau)).
L’apparition à la 20e minute d’Amélie dans la station de
métro de Paris Abbesses (nord de Paris) a en réalité été tourné sur un quai désaffecté de la station Porte des Lilas (est de Paris). Habitué aux tournages de films car maintenu à l’écart du public, ce quai est d’ailleurs surnommé Porte des Lilas - Cinéma, et son décor ne ressemble pas à celui de la station Abbesses.
La vieille boîte de souvenirs que l'héroïne découvre fortuitement derrière une plinthe est une boîte de
bergamotes de Nancy, allusion aux origines lorraines du réalisateur. Il y en a une autre dans le film : Jean-Pierre Jeunet s'amusait, étant petit, à faire des ricochets sur le bassin du Parc Sainte-Marie à Nancy ; dans le film Amélie Poulain reprend cette idée en s'amusant à compter les ricochets des cailloux sur le canal Saint-Martin.

LE FILM

Le film fut sélectionné par le New York Times dans les 1 000 meilleurs films jamais réalisés.

2002 : César du meilleur film
2002 :
César du meilleur réalisateur - Jean-Pierre Jeunet
2002 :
César de la meilleure musique écrite pour un film - Yann Tiersen
2002 :
César du meilleur décor - Aline Bonetto
2001 :
Film européen de l’année
2001 : Globe de cristal au
Festival international du film de Karlovy Vary
2001 : Prix du public au
Festival international du film de Toronto

César de la meilleure actrice - Audrey Tautou
César de la meilleure actrice dans un second rôle - Isabelle Nanty
César du meilleur acteur dans un second rôle - Rufus
César du meilleur acteur dans un second rôle - Jamel Debbouze
César du meilleur scénario original ou adaptation - Jean-Pierre Jeunet, Guillaume Laurant
César de la meilleure photographie - Bruno Delbonnel
César du meilleur montage - Hervé Schneid
César des meilleurs costumes - Madeline Fontaine
César du meilleur son - Vincent Arnardi, Gerard Hardy, Jean Umansky
Oscar du meilleur film en langue étrangère
Oscar du meilleur scénario original - Jean-Pierre Jeunet, Guillaume Laurant
Oscar du meilleur son - Vincent Arnardi, Guillaume Leriche, Jean Umansky
Oscar du cinéma de la meilleure direction artistique - Aline Bonetto
Oscar du cinéma de la meilleure photographie - Bruno Delbonnel

LA DISTRIBUTION

Ce sont les acteurs/actrices:

Audrey Tautou : Amélie Poulain
Mathieu Kassovitz : Nino Quincampoix
Rufus : Raphaël Poulain, le père d’Amélie
Lorella Cravotta : Amandine Poulain, la mère d’Amélie
Serge Merlin : Raymond Dufayel (l'homme de verre)
Jamel Debbouze : Lucien
Clotilde Mollet : Gina
Claire Maurier : Suzanne (la patronne d'Amélie)
Isabelle Nanty : Georgette
Dominique Pinon : Joseph
Artus de Penguern : Hipolito
Yolande Moreau : Madeleine Wallace
Urbain Cancelier : Collignon
Maurice Bénichou : Dominique Bretodeau
Michel Robin : le père de Collignon
Andrée Damant : la mère de Collignon
Claude Perron : Éva
Armelle : Philomène
Ticky Holgado : l'homme sur une photo
Kevin Fernandes : Bretodeau enfant
Flora Guiet : Amélie enfant
Amaury Babault : Nino enfant
André Dussollier : Récitant voix off
Eugène Berthier : Eugène Koler
Marion Pressburger : Petites mains au générique
Charles-Roger Bour : l'homme à la vespasienne
Luc Palun : l'épicier d'Amandine
Fabienne Chaudat : la femme dans le coma
Dominique Bettenfeld : le voisin d'Amélie
Jacques Viala : le client qui humilie son ami
Fabien Béhar : le client humilié
Jonathan Joss : le fils du client humilié
Jean-Pierre Becker : le clochard (l'homme de l'antenne télévision)
Jean Darie : l'aveugle
Thierry Gibault : le client aux endives
François Bercovici : le copain du client aux endives
Franck Monier : Dominique Bredoteau jeune
Guillaume Viry : le SDF
Valérie Zarrouk : Dominique Bredoteau femme
Marie-Laure Descoureaux : la concierge du mort
Sophie Tellier : la tante Josette
Gérald Weingand : l'instituteur
François Viaur : le patron du bistrot
Paule Daré : l'employée du patron du bistrot
Marc Amyot : l'inconnu des photomatons
Myriam Labbé : la cliente du tabac
Jean Rupert : l'opéré des cloisons nasales
Frankie Pain : la femme du kiosque à journaux
Frédéric Mitterrand : lui-même (voix off du reportage)

LES COMMENTAIRES

Le film a été un succès populaire mais certains critiques comme Serge Kaganski des Inrockuptibles l’ont attaqué pour sa représentation irréaliste et pittoresque de la société française contemporaine dans un univers de carte postale d’une France d’autrefois avec très peu de minorités ethniques — une forme de lepénisme latent. Alors que Paris est une ville cosmopolite et que Montmartre, où se situe l'action, touche Barbès, quartier métissé (Barbès - Rochechouart), très peu sont visibles dans le film. Si le réalisateur avait souhaité créer une vision idyllique d’un Paris parfait, il semble qu’il a trouvé nécessaire de faire disparaître toute trace de personne de couleur pour y parvenir, ont justifié les critiques. Il est intéressant de remarquer que la seule fois où des personnes de couleur apparaissent dans le film, il s’agit de trois jeunes dans la gare, derrière Amélie.
D’autres, comme David Martin-Castelnau et Guillaume Bigot, ont estimé que ces critiques étaient injustifiées et qu’il s’agissait plutôt de la « bien-pensance libérale-libertaire » qui ne pouvait que rejeter la vision bienveillante et crédible des « petites gens ». Jean-Pierre Jeunet répondit à ces critiques en rappelant que
Jamel Debbouze qui joue le rôle de Lucien (un nom français) est d’origine nord-africaine.
D’autres ont aussi remarqué qu’étant donné la
gentrification galopante du quartier de Montmartre, une jeune serveuse comme Amélie n’aurait pas pu avoir les moyens financiers de vivre près de son lieu de travail. Le film décrit un univers invraisemblable où Amélie vit près de son lieu de travail (sans avoir recours au métro parisien ou toute autre forme de transport) et a beaucoup de temps libre en dehors de son travail. Le film étant particulièrement décalé, ces incohérences ne sont pas flagrantes.

LE SYNOPSIS

Amélie Poulain grandit isolée des autres enfants car son taciturne docteur de père lui diagnostique à tort une maladie cardiaque : son père ne la touchait jamais en dehors des examens médicaux, d’où l’emballement de son pouls lorsqu’il le mesurait. Sa mère, tout aussi névrosée que son père est inhibé, meurt alors qu’Amélie est encore jeune, écrasée accidentellement par une Québécoise qui se suicide en se jetant du haut de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Son père se renferme encore plus et dévoue sa vie à la construction d’un mausolée maniaque consacré à sa défunte épouse. Livrée à elle-même, Amélie développe une imagination étonnamment riche.
Ce qui suit dévoile des moments clés de l’intrigue.
Quand elle grandit, Amélie devient serveuse dans un petit
café de Montmartre, le Café des 2 Moulins, tenu par une ancienne artiste du cirque et occupé par des employés et des clients hauts en couleurs. À 22 ans, Amélie mène une vie simple ; ayant abandonné toute relation sentimentale après des tentatives ratées, elle prend goût à des plaisirs simples comme faire craquer la crème brûlée avec une cuillère, faire des ricochets sur le canal Saint-Martin, essayer de deviner combien de couples parisiens avaient un orgasme à chaque instant (« Quinze ! », lance-t-elle à la caméra) et laisse libre cours à son imagination.
Sa vie bascule le jour de la mort de la
princesse Diana. Dans un enchaînement de circonstances qui suivent le choc de la nouvelle, elle découvre derrière une plinthe descellée de sa salle de bain une vieille boîte métallique remplie de souvenirs cachés par un garçon qui vivait dans son appartement plusieurs décennies avant elle. Fascinée par sa découverte, elle se met en quête de retrouver la trace de la personne maintenant adulte qui avait placé la boîte et la lui rendre, tout en établissant un marché avec elle-même : si elle le retrouve et le rend heureux, elle consacrerait sa vie à aider les autres, sinon, tant pis.
Après quelques erreurs et un minutieux travail de
détective (aidée par le reclus Raymond Dufayel, un peintre surnommé l’« homme de verre » à cause d’une ostéogenèse imparfaite), elle met la main sur l’identité de l’ancien occupant des lieux, place la boîte dans une cabine téléphonique et la fait sonner pour l’attirer alors qu’il passe à proximité. Lorsqu’il ouvre la boîte, il subit une révélation. Tous ses souvenirs oubliés d’enfance lui reviennent soudain à la mémoire. Elle le suit de loin jusque dans un bar et l’observe sans se découvrir. En voyant les effets positifs sur lui, elle décide de répandre le bien dans la vie des autres. Amélie devient alors une sorte d’entremetteuse secrète et d’ange gardienne. Elle persuade son père de poursuivre son rêve de faire le tour du monde (avec l’aide d’un nain de jardin et d’une amie hôtesse de l’air). Elle met également son grain de sel dans la vie des gens qu'elle côtoie au travail (et s’arrange pour que deux d’entre eux tombent amoureux), de la concierge de son immeuble et de Lucien, l’employé du propriétaire brutal de l’épicerie du coin.
Mais alors qu’elle s’occupe des autres, personne ne s’occupe d’elle. En aidant les autres à obtenir leur bonheur, elle se met face à sa propre vie solitaire rendue encore plus apparente par ses relations chaotiques avec Nino Quincampoix, un jeune employé de sex-shop décalé qui collectionne les
photos d’identité jetées sous les photomatons et dont elle est tombée amoureuse. Bien qu’elle l’intrigue avec diverses méthodes détournées pour le séduire (dont notamment une sorte de chasse au trésor pour récupérer un de ses albums photo perdu), elle reste terriblement timide et se trouve incapable de l’approcher. Elle doit recevoir les conseils de Raymond pour comprendre que l’on peut poursuivre son bonheur tout en s’assurant de celui de ses amis et voisins. Fin des révélations.

LE FABULEUX DESTIN D'AMÉLIE POULAIN

Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (Amélie) est un film français réalisé par Jean-Pierre Jeunet et sorti en 2001. Il s’agit d’une comédie romantique écrite par Jeunet et Guillaume Laurant avec Audrey Tautou dans le rôle-titre (Amélie) et Mathieu Kassovitz (Nino Quincampoix). Le film est une représentation originale et parfois idéalisée de la vie contemporaine à Paris dans le quartier de Montmartre.